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Το «Φιλμ Νουάρ» στη Γαλλία

Dans "Film noir", Dimitri Stefanakis (Viviane Hamy) dévoile la vie d'un "agent de la mort" au début du XXe siècle: monstrueux.

BASIL ZAHAROFF a existe, Orson Welles, pour « Citizen Kane », s'en est même inspire, et il apparaît dans l'album de Tintin « L'oreille cassée », en 1937 II faut dire que cet homme, de son vrai nom Zaharias Basilems Zaharapoulos, ne (officiellement) a Mugla (Empire ottoman) le 20 octobre 1849, a tout pour enflammer l'imagination Dimitn Stefanakis (Pnx Méditerranée 2011 pour « Jours d'Alexandrie »), dans son roman ouragan, nous en donne un portrait captivant! Quel homme i Tout le debut du XXe siècle, il a tire les nombreuses ficelles des conflits du moment il n'en manque pas un Habile comme deux, courtois, élégant, polyglotte, il a pu mettre tout le monde dans sa poche, finissant sa vie « ministre des munitions de tous les allies » et de beaucoup d'autres sur toute la surface du monde i A sa mort, en 1936 a Monte-Carlo, il etait multimillionnaire, ayant, de plus, compns que le pétrole etait l'avenir.

L'intérêt du roman de Stefanakis, c'est qu'il le construit en forme de dialogue entre don Miguel Tharabon, un vieil anarchiste espagnol exile en France et ami de Basil, et un jeune journaliste, Philippe Thebaud, qui est surtout passionne par la liaison entre Basil et « une grande d'Espagne », Mana del Pilar, duchesse de Machena, dont le mari, un Bourbon d'Espagne, est enferme fou.

Lors de nombreuses rencontres, au Cafe de la Paix, dans les mois de 1939 précédant ladeclaration de la guerre, les deux hommes discutent, s'interrogent pour essayer de comprendre ce gentleman Basil « agent de la mort » Méduse, on apprend les coulisses de l'Histoire, ou, si en surface on peut croire encore a une certaine civilisation, on s'aperçoit que les souterrains ne sont que les caches de l'enfer du profit, du cynisme et du trafic de mort Les deux buveurs de « Martel Napoléon », assis tranquillement face a l'Opéra, ne sont que les révélateurs d'un monde en trompe l'oeil'.

Tout est construit autour de ce dialogue Qui finit par révéler que ce Basil est un expert en « double jeu », en magouilles, en tromperies et même en assassinats Son association avec les plus grands trafiquants de l'époque, Krupp, Schneider, Vickers-Maxim, laisse souvent des cadavres sur les bas-côtes Mais Basil amasse, joue au grand sèigneur avec son splendide hôtel particulier, avenue Hoche, et un château en province.

Sa liaison avec Maria del Pilar lui donne un côte mondain qui camoufle son vrai visage Quelle n'est pas sa joie lorsqu'il peut conclure un contrat avec la firme anglaise Nordenfelt et le createur de la mitrailleuse Amy, l'arme la plus redoutable du moment1 II est partout ou l'on tue, si bien que, « le 13 novembre 1918 », a l'aube, « Basil fut réveille en sursaut par un cauchemar démoniaque et récurrent Deux jours plus tôt la guerre avait pris fin, faisant de lui l'homme le plus riche du monde Ceux qui avaient signe l'armistice dans un -wagon en forèt de Compiegne ignoraient sans doute que le seul vainqueur, c'était lui » Comme il le précise, il avait vecu « toutes » ces guerres dans « l'ivresse des joueurs».

Joueur avec l'affaire Dreyfus, joueur avec le scandale du Panama, joueur avec l'ouverture des Jeux olympiques en Grece en 1896, joueur avec Clemenceau, joueur, plutôt destructeur, avec Jaures, cet affreux pacifiste qui pouvait ralentir ses affaires II s'accuse même de l'avoir fait assassiner1 Et pourquoi pas Raspoutme, également? Son systeme etait « tellement complexe que lui-même avait parfois du mal a saisir son fonctionnement Les uns espionnaient les cabinets ministériels ou Ies ambassades, achetaient politiciens et journalistes, les autres lançaient défausses nouvelles ou calomniaient les innocents, d'autres encore faisaient disparaître les indésirables » Précisons que c'était bien au debut du XXe siècle i.

Don Miguel, qui révèle cette « face du diable » a son jeune journaliste, ne cesse de lui repeter « Le bien existe en nous Le mal, nous l'inventons par nécessite » En effet1 - 341 p, 24 Euros Traduit du grec par Michel Volkovitch et adapte avec l'accord de l'auteur.

Rollin André 
 

Αναρτήθηκε από: Dimitris Stefanakis

Ο Δημήτρης Στεφανάκης γεννήθηκε το 1961. Σπούδασε νομικά στο Πανεπιστήμιο της Αθήνας. Έχει μεταφράσει έργα των Σολ Μπέλοου, Ε. Μ. Φόρστερ, Γιόζεφ Μπρόντσκι, Προσπέρ... Διαβάστε περισσότερα...

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